la maladie de l’amour

La maladie de l’amour 

ou l’injonction de n’en pas guérir

dans Les adieux de René Lapierre

Toute agonie surveillée témoigne de mon lien à l’autre.

Vincent Filteau, La pensée des gouffres : 

le poème, témoin de l’histoire

Que la peur s’apaise enfin; que la mélancolie elle-même ne s’effraie plus d’être 

ce qu’elle est, ce qu’elle ignore, ce qu’elle a désappris.

René Lapierre, Déserter (Punk IV)

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l’avenir achève

oui, ceci est une correspondance, une autre lettre envoyée vers, une autre lettre morte qui sera lue, certes, mais qui, on le sait, ne se rendra pas, ou se rendra trop tard, ce qui revient au même. je m’adresse à toi, je te dis que j’ai à te dire quelque chose, je prends la parole comme on prend place, je m’installe, je m’étends de tout mon long, je te crie que l’heure est grave, qu’il se fait tard, que j’ai perdu espoir hier, qu’aujourd’hui je ne vais pas mieux, mais que ça se dit, cette impression que la parole ne nous sauvera pas, qu’il n’y a pas de traces à laisser, que la disparition n’entend pas la voix des morts, que la transmission se repose en elle-même lorsqu’il ne reste plus personne pour y prendre part,

pour faire un monde.

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lettre à geneviève desrosiers

« Apodictique : Qui a une évidence de droit et 

non pas seulement de fait » Dixit le Petit 

Robert.

Hélas, il n’y a pas d’évidence. Il n’y a pas de

droit. Il n’y a que des faits, des faits divers. Et

l’hiver est si long par ici.

Geneviève Desrosiers, Fragments 

chère geneviève,

le mois de mars arrive déjà à nos portes enneigées,

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histoire(s) non-narratives

des trucs et des machins

la plante est morte ce matin, la chambre est en deuil, je dors les fenêtres ouvertes, j’ai souvent froid, surtout aux pieds, mais je sais que le corps travaille à la vie, que si l’on est patient, il trouvera le moyen de faire perdurer la nuit au moins jusqu’au lendemain. 

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l’hiver forcé

ce sera fâchant oui ce sera l’hiver ici l’hiver de ducharme un hiver québécois un hiver chaud coulant un hiver à dormir debout à regarder au travers de la télé la neige tomber à l’écran n’est-ce pas à défaut de regarder par la fenêtre elle laissée ouverte en pleine canicule ce sera l’hiver forcé l’hiver de force une façon de parler de la folie du froid qui s’installe parfois à l’intérieur de soi quand bien même on est étalé nu sur le lit la sueur perlant au front le ventilateur poussant l’air chaud dans le sens convenu des choses un peu comme on flatte une épaule un bras ou un dos pour réconforter bien qu’on sache qu’il n’y a rien à faire contre le grand vide tendresse toujours impuissante face à détresse rien à faire sinon d’attendre

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