poésie & al.

anti palmarès intermédial _

en cours d’atelier de création numérique, on nous a demandé de réunir six (6) oeuvres issues de différents media. la consigne : dire en moins de soixante-quinze (75) mots en quoi ces oeuvres ont marqué notre subjectivité. //

pour tout dire, j’ai beaucoup de mal avec les palmarès, (consommez ce que vous voulez, il suffit de problématiser) mais j’aurai rassemblé ici quelques objets qui sont devenus comme une part de moi, sans savoir, je l’avoue, de quoi ce « moi » retourne. //

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g debord à p straram

À Straram

25 août 60

Cher Patrick,

Je me retrouve à Paris, et en état d’écrire, après une série de déplacements qui a été plus longue que ce que je prévoyais. Mais j’ai enfin découvert le mescal : c’est très bien.
Comme nous l’avons écrit quelquefois l’un et l’autre, il est très difficile de reprendre, par des lettres, une discussion d’ensemble. Mais il devient nécessaire, et en même temps possible, de commencer. Sur la base des textes publiés, ici et au Canada. L’ensemble du Cahier n° 1 est intéressant et positif. De plus, pour moi − et d’autres amis − c’est une réponse encourageante, un signe de reconnaissance dans la curieuse aventure qui se poursuit. Rien n’est plus précieux que les complices possibles d’un tel jeu.

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l’écrivain, celui qui s’efface

Ce qui parle en lui, c’est ce fait que, d’une manière ou d’une autre, 

il n’est plus lui-même, il n’est déjà plus personne.

Maurice Blanchot in L’Espace littéraire

La pensée du système

Le démantèlement de la figure de l’auteur dans la France du 20e siècle n’est pas survenu du néant – encore moins de l’imaginaire de quelques intellectuels blasés à col roulé. Il y eut un contexte, un avant doublé d’un après, une structure de révolutions. Les revirements et décentrements épistémologiques ne sont ni autoréalisateurs ni spontanés ; ils s’inscrivent, encore et toujours, dans une chaîne causale historique qu’il faut étudier. En ce sens, on pourrait parler d’un tournant historique, d’une époque de transition, de ces moments charnière dont l’histoire est faite, qui, dit-on, ponctuent les siècles, mais qui pourtant ne semblent jamais réellement naître ou mourir : les idéologies se maintiennent à la manière d’un vrombissement perpétuel ; leur transition, bien qu’avérée, se délimite bien mal. Mais, comment dire, il faut se prêter au jeu.

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